5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 08:36

 

Un apprenti maçon à fait ce travail .Vous pouvez trouvez ce genre de planche à tous les grades sur : Recueils de Planches L'EDIFICE

 

 

Le Tablier d'Apprenti

  
Ceci a mis un temps certain à se planter dans ma tête, à germer puis à pousser, éclore et fleurir !
Le Tablier d'Apprenti ne m'inspirait pas.

J'ai laissé bouillir le sujet dans ma marmite à la façon d’une soupe aux cailloux !
Puis vint le jour où avec mon Jumeau, nous avons préparé le repas de l'agape. Et là, j'ai revêtu....un tablier de cuisine pour protéger....ma chemise blanche !
Le lendemain, je me rends chez le boucher. Mr T est vêtu d'un tablier blanc. Le boulanger, le primeur ou encore le peintre que je croise, sont tous vêtus de tabliers. Tous s'en servent au quotidien dans leur travail.

Le pont est trouvé pour traiter le sujet.
Au préalable, quelques définitions :
Dans le Larousse, TABLIER vient du latin tabula (table), « Planche de Protection » : vêtement de protection que l'on attache devant soi pour protéger ses vêtements.
Et aussi, familièrement : rendre son tablier : se démettre de ses fonctions.
 
Le même dictionnaire précise, je cite : « en Droit Ancien : sorte de bienvenue que, dans certaines corporations, les nouveaux ouvriers devaient à leurs camarades. »
Et enfin en Franc Maçonnerie : morceau de peau blanche, taillée en forme de petit tablier, que les apprentis et les compagnons doivent porter en loge attaché autour de la ceinture. »
Ces définitions nous renvoient à un rôle de protection, nous replacent dans l’Histoire et enfin font un lien direct avec la F\M\.

Le tablier est une tenue de travail. Nous l’avons hérité, dans nos Loges, à la fois des travailleurs de l’Antiquité (tailleurs de pierres Egyptiens par exemple) et aussi des Compagnons bâtisseurs de cathédrales du Moyen Age.
Certains métiers l’utilisent toujours de nos jours comme nous venons de le voir.

Le Tablier d’Apprenti, comment est-il fait ?

A/ La Matière :

A l’origine, le T\ d’A\ était en peau d’Agneau. Aujourd’hui les fibres synthétiques ont remplacé les matières naturelles, mais on peut très bien confectionner un tablier en papier en cas d’urgence !
Le T\est en peau. L’Apprenti est ainsi revêtu d’une matière animale qui le met en face de sa propre animalité, voire même de ses passions d’homme primitif, passions dont la maîtrise est le but.
L’Agneau : de tout temps, l’agneau est considéré comme l’animal pur, innocent, non contaminé par son environnement et qui doit être protégé.
L’agneau est également un animal qui peut s’égarer du troupeau et doit donc être guidé par un berger.

L’apprenti que je suis se sent souvent dans la peau de l’agneau que ses F\ ramènent dans le chemin du Travail et
de la Lumière !

B/ La Couleur :
Le T\d’A\ est blanc.
Cette couleur qui, je cite l’Encyclopédie des Symboles : « soit n’en est pas une (…) ou au contraire est le mélange parfait de toutes les couleurs du spectre lumineux (…) symbolise l’innocence du paradis originel qu’aucune influence contraire n’est encore venue troubler et symbolise le but final de l’être purifié qui a réintégré son état primitif et sans tâche.»

Il y a une dualité dans cette couleur qui symbolise le Un dans le Tout et l’origine et le but.
Le blanc est généralement symbole de pureté et de virginité, ainsi que de sacralité : depuis la nuit des Temps.

Druides ou prêtres de nombreuses civilisations ne sont-ils pas vêtus de blanc ?
Le blanc est aussi souvent associé à la mort : le linceul est blanc. Le visage des défunts est souvent blanc.

D’après le dictionnaire des symboles (J Chevalier) le blanc est couleur de passage et est employé dans nombre de rites en tant que symbole d’initiation qui conduit à la renaissance après la mort. En F\M\ c’est bien ce qui se produit lors de L’initiation. Le Tablier Blanc de L’A\ (et la chemise ?) rentrent dans cette symbolique.

L’A\doit veiller à ce que son T\ soit toujours propre et éclatant. N’y a-t-il pas là un paradoxe pour l’ouvrier qui se sert du tablier pour protéger ses vêtements ?

C/ Forme


Le Tablier est composé de 3 parties :
Le tablier en lui-même, la bavette et la ceinture.
Le tablier a la forme d’un rectangle (ou carré long), symbole de la Matière.
La bavette a la forme d’un triangle, symbole de l’Esprit.

Au Grade d’A\, la bavette est portée relevée. Ainsi l’Esprit se trouve au dessus de la Matière ou encore du matérialisme. Cette notion est capitale car l’Apprenti, nouvel initié, marque sa prise de conscience que la matérialité des choses et de la vie profane ne sont plus l’essentiel de sa vie. Désormais l’esprit domine la Matière. L’esprit est au dessus. Cela amène l’A\ que je suis à prendre de la distance avec les évènements, non, pour ne pas les prendre en compte, mais pour mieux les analyser, les comprendre et les intégrer.

Le Tablier d’Apprenti a aussi la forme d’une enveloppe. Cette voie m’a été suggérée par notre T\C\F\ C\  ALL\à la fin de l’agape de notre Tenue à Saint Egrève. Je cite : « As-tu remarqué que le Tablier ressemble à une enveloppe, la même qui a contenu ton testament maçonnique ? Réfléchis y mon Frère ! »
En effet, à quoi sert une enveloppe ? A contenir un texte, un message pour l’amener à un destinataire.

L’enveloppe protège le contenu et le masque aux yeux des autres.
Enveloppe et lettre sont indissociables. N’oublions pas qu’à l’origine on écrivait directement sur l’enveloppe le message.

Le T\d’A\, avec la bavette relevée représente l’enveloppe charnelle du corps humain. Le T\ d’A\ représente l’Homme Debout, avec son corps de chair symbolisé par le rectangle et l’Esprit symbolisé par le Triangle.

L’A\ vêtu de son Tablier est semblable à l’enveloppe de papier qui a contenu son Testament Maçonnique. Ne vous ai-je pas livré un message dans cette enveloppe ? Il en est resté matériellement des cendres et un message a bien été délivré, il a vécu et vit encore par sa simple évocation.

Si le T\ d’A\ représente l’enveloppe, alors l’A\ que je suis en est le contenu. Quel est le plus important ? Le message ou l’enveloppe ? N’y a-t-il pas un paradoxe ? L’un peut-il exister sans l’autre ?
C\ALL\a quitté son enveloppe charnelle (son corps) pourtant le message qu’il incarnait de son vivant, a été transporté, délivré, transmis. Il n’est plus consultable, mais il demeure et perdurera encore en nous. Ce message Eternel n’a pu exister que par la présence de l’Esprit dans l’enveloppe (le corps).

Les Hommes, et surtout les Hommes Eclairés, sont des rédacteurs de messages, des messagers (ceux qui transportent) et sont aussi des enveloppes.

D/ Sa place sur le corps, ses fonctions.

Le T\est remis au Néophyte lors de la Cérémonie d’Initiation.
Je cite : « Frère Expert, veuillez revêtir le néophyte du tablier d’Apprenti Franc-Maçon. » Fin de citation.

Puis, je cite : « Mon frère, portez ce tablier, c’est le symbole du Travail. » Fin de citation.
Le travail est celui que j’accomplis chaque jour en tant qu’A\ sur la Pierre Brute, afin de la dégrossir et lui faire prendre place dans la construction du Temple. C’est aujourd’hui un travail spéculatif, c'est-à-dire non productif, au sens matérialiste du terme. Mais ce travail est aussi générateur de richesses, qui sont difficilement mesurables, car chaque Frère en retire un bénéfice qui lui est propre, à un moment « t » de son chemin. N’oublions pas que ce travail spéculatif est un héritage du travail opératif de nos Anciens. Et eux se servaient précisément du tablier comme d’une tenue de protection dans leur travail. Le tablier protégeait leur corps, leur enveloppe.
Le rituel précise encore. Je cite : « (…) il a été porté par les Francs-Maçons les plus illustres comme par les plus humbles (…) ». Fin de citation.

Cette phrase place sur un pied d’égalité chaque Frère dans la Loge. Il fait fi des métaux extérieurs au Temple. Le tablier est aussi un symbole d’humilité. Chacun apporte, donne et reçois. Cette richesse là vaut tout l’or métallique du monde. Et l’or vrai est en chaque frère. Je l’appelle Amour.

Le Rituel poursuit : « Il vous donne le droit de vous asseoir parmi nous (…) ». Fin de citation.

Pour L’A\ que je suis, cette phrase résonne en moi d’une façon que j’ai peine à exprimer.

Le T\d’A\ marque une reconnaissance. Les Frères se reconnaissent entre eux dans la Loge par leur Tablier. Je sais distinguer l’Apprenti du Compagnon et je reconnais aussi les Maîtres à leur Tablier.
Enfin, Je cite : « (…) et vous ne devez jamais vous présenter en Loge sans en être revêtu ». Ceci induit les notions de devoir et de règle. L’A\ doit, dans sa recherche de Liberté intérieure, se conformer au Rituel, accepter et intégrer les règles afin de les appliquer dans un cadre précis. Celui-ci, loin d’être réducteur, pose en réalité des limites précises que l’A\ connaît. La Liberté s’accomplit dans la Règle.

Nous portons en Loge le tablier sur le bas ventre. En tant qu’Apprenti, je porte la bavette relevée : le rituel d’initiation le mentionne. Je cite : « Vous en tiendrez la bavette relevée ». Fin de citation.
Cela donne plus de surface au tablier qui protège ainsi tout le ventre qui est le lieu des passions, et des transformations. Le dictionnaire des symboles dit : « Le ventre a été comparé au laboratoire de l’alchimiste ». Fin de citation. C’est dans le ventre que les passions de L’A\ que je suis s’agitent, bouillonnent et doivent muer au fil du travail.

En anatomie, le ventre contient l’intestin dont l’une des fonctions est le transport et l’assimilation des aliments ingérés plus haut. Aliments qui, digérés et assimilés permettent le développement du corps ! Le lien avec les nourritures spirituelles que nous apportent nos travaux est évident.
Placé à cet endroit du corps, le tablier sert de protection : il protège mon corps des éclats extérieurs lors des travaux de dégrossissement de la Pierre Brute.

Le T
\ protège aussi l’Ouvrier des passions de l’apprenti.

Quand il est au travail, en action, l’Ouvrier doit se consacrer entièrement à son ouvrage. Il ne devrait pas se laisser perturber. Mon T\ me protège de
moi-même et des influences extérieures (négatives ou positives). Celles-ci doivent avoir été ingérées et digérées afin que l’A\ se fasse son opinion.
Il est un rempart aux passions des autres et un rempart face à soi même.

Pour conclure, L’A\ que je suis prends pleinement conscience, dans l’état actuel de mes connaissances et sur la modeste distance parcourue à ce jour vers La Lumière, que Le Tablier fait corps avec moi en Tenue, que sans lui il me manque quelque chose, que sans lui, je n’aurais pas droit de me tenir à vos côtés, que sans lui vous ne me reconnaîtriez pas comme votre F\.

Je suis fier de le vêtir, non par vanité, mais par respect, humilité et honneur envers nos Anciens.

Le T\a un lien privilégié avec la P\ B\. Les 2 sont en interaction. Je vous en parlerai prochainement pour la durée d’une planche, en sachant que la planche sur le travail sur La P\B\ est le travail d’une vie.

J’ai dit V\M\

G
\ G\

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Patrick Montaigut - dans PLANCHES
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commentaires

Isabelle 08/02/2011



J'aime beaucoup ce que vous écrivez le ton la forme c'est très enrichissant


Merci


Isabelle



Marina 26/01/2012


Le sujet de ce travail n'aurait pas dû être le tablier mais les vêtements maçonniques, ce qui inclue bien évidemment le tablier mais ne le sépare pas des autres éléments constituant la vêture,
laquelle varie selon les rites. Au rite égyptien, le tablier d'apprenti n'a pas la même forme par exemple, au rite écossais rectifié, on y ajoute le chapeau et l'épée templière, etc. Je ne
citerai pas ici en zone profane un éléments important qui manque à cette vêture et qui figure dans tous les rites sans exception.


Votre travail porte seulement sur le tablier et j'aurais aimé que ce travail soit dirigé par votre Srvt, ce qui aurait évité de nombreuses erreurs et facilités qui n'apportent rien à personne, en
particulier pour vous même. Il y a trop d'affirmations erronnées qui sentent les mauvais livres ou mauvais auteurs ; il y a aussi de la "passion pulsionnelle" dans ce travail : "je suis fier de
le vêtir". Pouquoi éprouvez-vous ce sentiment qui ne doit pas exister dans une loge au travail comme en dehors lorsque l'on cherche l'initiation ? vaincre ses passions, c'est commencer par
canaliser, par annihiler la montée de ces réactions puériles ou profanes. On ne vous demande pas d'être content, fier ou non, on vous demande de travailler sur vous-même. Voulez-vous devenir un
initié à part entière ? Voulez-vous donc devenir un vrai maçon ? Ou continuer à agir et penser en profane avec tout ce que cela implique de négatif ?


En tant que formatrice, je ne suis pas du tout satisfaite par un tel travail qui, pour moi, n'est pas digne d'être présenté devant tous nos amis. Vous n'êtes pas seul fautif, votre formateur est
largement responsable de cette situation.


Un travail, ce n'est pas rassembler ici ou là des phrases correspondant au thème imposé ou choisi, c'est révéler surtout sa nature intime, ce qui nous porte, nous élève, nous transporte à un
autre niveau de réalité, c'est aussi communiquer et partager sa perception, sa connaissance du symbole. Ce n'est pas un morceau d'intellectualité, de savoir universitaire, c'est faire
état à un moment donné de celui que vous êtes. On verra au prochain travail si vous êtes resté sur les mêmes bases ou si vous avez progressé. Aller chercher des phrases chez Boucher, Plantagenet,
Wirth, Miainguy, etc., chez des auteurs qui n'ont rien à vous apporter d'important ou de réellement transcendant, cela ne vous fera pas évoluer ni avancer dans l'initiation. Lisez des auteurs qui
vous feront changer, qui vous mettront devant votre miroir, qui vous obligeront malgré vous à changer à et à vous mettre en ordre avec vous-même. C'est tout le bonheur que je vous souhaite. 

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