Dimanche 15 janvier 2012
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Ajouté le 01/12/2012 02:28:46 par DjoDjo
l'amitié est un état de grâce apaisé et apaisant.
Il faut du temps pour atteindre cet état où le plaisir vient de la gratuité et de l'absence de quelque
intérêt que ce soit. C'est en ce sens que la force d'une amitié peut s'effondrer parce qu'un élément impur s'est introduit dans la relation.
Dans la relation amoureuse et sexuelle, la trahison, l'usure, le conflit et la guerre sont de l'ordre du
possible.
Ils font partie du jeu, sont admis même si l'on n'en parle pas.
Quand un amour est trahi et brisé, on a du chagrin et on sombre dans une mélancolie profonde.
On souffre du fait qu'on est face à une impossibilité, celle d'inverser le cours des choses.
On a le sentiment qu'on ne se relèvera pas de cet échec.
Pourtant, le temps fait son travail. Parce que l'amitié est à l'écart de toute satiété et de tout calcul,
ces dérapages ne devraient pas arriver et en outre ils ne sont pas prévus.
Le fondement même de l'amitié est l'absence de conflit pervers et d'intérêt dissimulé. Quand une amitié est
trahie, la blessure est insupportable justement parce qu'elle ne fait pas partie de la conception et la nature de la relation, laquelle est une vertu, pas un arrangement social ou
psychologique.
Elle est vécue comme une injustice.
Elle est incurable.
On ne comprend pas et on s'en veut d'avoir donné le bien le plus précieux à quelqu'un qui ne le méritait
pas ou qui n'a pas compris le sens ni la gravité de ce don.
On s'est trompé et on a trompé.
La rupture s'impose parce que l'amitié ne souffre pas de concessions avec le faux, la tiédeur et la
perversité.
En amour, on peut solliciter et insister, la consolation existe.
Tôt ou tard, l'oubli s'installe et l'émotion retrouve sa jeunesse et ses forces.
En amitié, la consolation est illusoire, le deuil un précipice.
Un ami, un vrai ne se remplace pas.
On vit avec la blessure infinie, on s'entête à vouloir oublier, mais on sait que c'est un exercice
vain.
Pourquoi ce genre de blessure persiste-t-il dans la mémoire ?
C'est le principe de la parole donnée qui n'a pas été respecté.
La confiance abusée, cambriolée par la personne à qui on a laissé les clés, c'est l'effarement de découvrir
qu'on a longtemps fait fausse route, qu'on a cru les mots dont on n'avait que l'enveloppe, ouvert sa maison intérieure, lieu intime du secret, et voilà que tout cela vole en éclats.
La trahison est une forme silencieuse de meurtre.
On tue le don et la grâce, puis on se masque.
On prend place dans le coeur et l'amour de l'autre, on connaît ses repères et ses faiblesses, puis on en
profite pour démolir la maison et fouler aux pieds la confiance.
Comment ne plus souffrir de ces blessures ?
Comment choisir ses amis ?
Quelle illusion !
Par Patrick Montaigut
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Publié dans : DIVERS
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