Partager l'article ! Le mystérieux Comte de St Germain: Les archives des affaires étrangères recèlent bien des tréso ...

Si l'on se remémore les propos de Walpole, le comte de Saint-Germain ne porte pas ce titre par droit de lignée ou faveur royale. D'après Mme du Hausset, Louis XV semblait être dans la confidence de ses origines familiales, car " il ne souffrait pas qu'on parle du comte avec mépris et railleries. " Dans un autre passage, elle écrit que " le roi en parle quelquefois comme étant d'une illustre naissance. " Mme de Genlis, à qui Saint-Germain rendit de fréquentes visites, laisse entendre quant à elle qu'il était sans doute " le fils d'un souverain détrôné. "
Par le recoupement d'autres témoignages, certains historiens sont tentés de voir en lui le fils bâtard de la reine Marie-Anne de Neubourg et de son amant l'Amirante de Castille. Cette liaison adultère était un secret de polichinelle à la cour de Madrid. Dans le tumulte entourant la succession au trône d'Espagne à la fin du XVIIe siècle, cet enfant illégitime aurait été caché, puis séparé de sa mère pour vivre sous plusieurs identités. Le comte de Saint-Germain raconta au détour d'une conversation avec Mme de Genlis que "tout ce qu'il pouvait dire sur sa naissance, c'est qu'à 7 ans il errait au fond des forêts avec son gouverneur, et que sa tête était mise à prix !". Confié à un puissant parent de la reine, le duc de Toscane peut-être, l'enfant aurait reçu sa haute éducation auprès du dernier des Médicis, et hérité ensuite des domaines de sa mère dans le Palatinat allemand. Cette hypothèse est bien sûr à prendre avec des pincettes, mais elle a au moins le mérite d'expliquer de façon plus rationnelle l'origine de sa fortune, et de mieux comprendre son besoin viscéral d'être admis parmi ses pairs ou des monarques.
Faut-il donc voir une connotation symbolique dans le titre qu'il s'octroya ? Plusieurs indices poussent à la
croire. Lorsqu'il se fixe en Allemagne à partir de 1777, le comte prend le nom de Welldone ou Weldon. A un ambassadeur de Frédéric II, il confie avoir pris auparavant le nom de Saint-Germain qui
ne voulait rien dire d'autres que "Saint-Frère" (Sanctus Germanus). Pris dans son ensemble, le vocable sous lequel il se fit connaître peut même se traduire par compagnon (Comes) de la Sainte
Fraternité.
Dans un siècle qui voit éclore la franc-maçonnerie, ses liens avec les obédiences mystiques sont plus ou moins
perceptibles. Au prince de Hesse, chez qui il termine ses jours "officiellement", il déclare peu de temps avant de mourir être " le plus ancien des maçons . " Le fantasque Cagliostro affirmait de
son côté avoir été "l'aprrenti" de Saint-Germain. C'est dans la cellule romaine de ce même Cagliostro, que fut découvert l'ouvrage hermétique intitulé Très Sainte Trinosophie, aujourd'hui conservé à la bibliothèque de Troyes et attribué au comte de
Saint-Germain.
La fin du XVIIIe siècle, la plupart des loges maçonnes s'intéressent à l'alchimie sur un plan strictement
spéculatif et symbolique. Certains textes portés au crédit de Saint-Germain, comme ce curieux Sonnet sur la création, montrent que sa recherche de la pierre philosophale vise au
perfectionnement de l'âme et accessoirement, à la conservation optimale de l'aspect physique.
Les registres de l'église d'Eckenförde, en Allemagne, renferment le procès-verbal suivant :
" Décédé le 27 février, enterré le 2 mars 1784, celui qui se donnait le nom de comte de Saint-Germain et Welldone, sur lequel on n'a pas d'autres renseignements, a été inhumé dans l'église de notre ville. "
Un tel homme pouvait-il donc mourir ? Ses adeptes et détracteurs
allaient se charger de le ressusciter en enrichissant sa légende.
source/Internet
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