Le profane qui demande a être initié aux mystères de la Franc-Maçonnerie peut il imaginer ce qui l’attend et les épreuves que celui-ci devra surmonter afin de
recevoir la lumière ?
Non, mais son instinct lui laisse entrevoir un « changement », une « transmutation » qui se prépare au plus profond de lui. Le chemin qu’il vient de prendre c’est celui de
l’Initiation, du latin Initiare qui veut dire commencer.
. Pourquoi cherche t-il à être Initié ? l’Initiation c’est la purification, purification de l’ « Homme Cosmique » qui après le drame de la Chute édénique, entraînant sa propre
destruction, cherche à se régénérer afin de réintégrer le paradis perdu.
La première épreuve que le profane vivra pour entrer en Franc-Maçonnerie sera celle du cabinet de réflexion, nom étrange qui cache une pratique bien plus ancienne que la Maçonnerie
elle-même.
Le cabinet de réflexion est à mon sens, une des épreuves la plus importante sur le chemin de l’Initiation, car c’est en son sein qu’il faudra « procéder à une sorte de décrassement
intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui »
Le cabinet de réflexion utilise le langage universel de la symbolique, afin de faire vivre au profane sa première épreuve, qui est celle de la terre. Il est écrit quelque part dans la bible
« tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la terre. Tu n’emporteras rien en mourant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi », et en effet,
avant que le profane ne rentre dans le cabinet de réflexion, on lui demande de ce défaire de son argent et de déposer tous ses objets métalliques.
A l’intérieur du cabinet de réflexion, le profane découvrira plusieurs symboles évoquant la mort, puis le postulant est invité à rédiger son « testament philosophique » car à cette
instant précis il va mourir à sa vie profane, mais avant de renaître et de vivre pleinement sa seconde naissance, il se doit de faire un bilan et de répondre par écrit à trois
questions :
Dans cette étroit cabinet de réflexion, dont la seule source lumineuse se trouve être une simple bougie dont la flamme vacille lentement, le profane, une fois que le bandeau lui est
retiré, se trouve rapidement confronté aux nombreux symboles et inscriptions qui l’entourent. Puis peu à peu, il découvre un autre symbole, dont aucun support matériel ne peut exprimer la
présence et qui pourtant est le plus important des symboles :
le SILENCE.
Le cabinet de réflexion est comme une caverne alchimique où se déroule un rite de purification, une matrice dans laquelle notre être renaîtra purifié, c’est un lieu où, si nous y passions
plusieurs jours, nous pourrions y atteindre l’illumination intérieure. Lorsque le profane aura fait le silence sur les passions du monde qui l’entoure, et que par un savant contrôle de sa
respiration il aura atteint une tranquille méditation, alors il commencera à devenir sensible aux messages qui l’entourent. Face à lui, une inscription énigmatique l’invite à un voyage au plus
profond de lui-même, et sans même le savoir il s’y prêtera, guidé dans sa démarche par le rythme du silence. ................... énigme indéchiffrable, dont le profane ne comprendra
intellectuellement le sens que bien plus tard, mais à cet instant précis, lorsqu’il se trouve dans l’œuf primordial, caverne alchimique aux pouvoirs de transmutations infinie, son inconscient
n’aura aucune peine a comprendre cette inscription dont la valeur alchimique ne fait plus aucun doute. Les sept initiales, ................ sont la révélation de l’opération du Grand
Œuvre, aide -mémoire indispensable au profane, comme à l’Initié, car il révèle le processus alchimique de la transmutation de l’être comme des métaux.
.................... septénaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mène à l’éveil, : « Visite l’intérieur
de la terre, et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». Cette pierre que le profane doit trouver n’est autre que la pierre philosophale des alchimistes, et celle-ci se trouve au
plus profond de chacun d’entre nous, elle ne se dévoile qu’à ceux qui par un travail intérieur sincère, sont arrivés au parfait équilibre pour ne faire qu’un : « Omnia ab uno, omnia
ad unum », « Tout procède de l’Unité, tout tend vers l’Unité ». Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre
philosophale. Le Sel, le Souffre, et le Mercure exprime ensemble le véritable équilibre, auquel le profane doit tendre afin de se régénérer. Le Souffre représente l’énergie expansive, principe
actif masculin et le Mercure représente l’énergie attractive, principe passif féminin, tandis que le Sel qui résulte de l’action du Soufre sur le Mercure, est neutre, résulta des deux
principes, il est donc l’agent équilibrant, comme l’exprime avec perfection son symbole, un cercle divisé en deux par une diagonale qui le traverse, image parfaite de l’équilibre. Le sablier
qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut
inexorablement pas arrêter, chaque grains de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut
être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou
cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la
création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas. Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du
profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les
Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Maçon à son tour.
Ce « témoin » psychique est un crâne humain posé près du profane, et devant lui se trouve écrit ces mots : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des
mots lourds de significations.
Ce crâne, réceptacle des forces supérieures, transmettra alors un dernier message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes de morts parlantes qui enseignaient aux vivants. Elle lui
dira : Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle
apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne
possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir
apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction.
Mourir pour renaître à nouveau, c’est une loi universelle : « En vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il
porte beaucoup de fruits » (Jean 12 : 24).
Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde méditation, lèvera les yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit éternelle, et le triomphe prochain de la
lumière sur les ténèbres.
Extrais tiré du livre de Marcos Drake également disponible sur le site www.etoile-du-nord.com ou www.marcos-drake.com