Je suis
Franc-Maçon parce qu'un jour j'ai décidé de le devenir, sans savoir au préalable ce que cela implique comme contrainte et obligation. Il s'agit donc d'une démarche réfléchie, mûrement
réfléchie (ne dit-on pas que le Franc Maçon est un homme libre et de bonnes mœurs, dans une loge libre). Cette demarche repose sur la conviction a priori que la
franc-maçonnerie est un lieu où on se cultive, un lieu où on cultive ce que les philosophes anciens appelaient la vertu, c'est-à-dire que nous apprenons à vivre avec les autres, dans la
différence et la tolérance. C'est sans doute ce qu’un de nos Frères a appelé une "communauté de contacts où cohabitent le bon et le mauvais".
Pourquoi ai-je décidé de devenir Franc-Maçon, C'est sans doute, parce que les possibilités qu'offre la vie profane sont limitées et parce que la vie symbolisée par l'acquisition des biens matériels est insatisfaisante. Il y a donc une recherche de quelque chose de plus, de ce que certains appellent un supplément d'âme, quelque chose que ni la religion ni la politique ne me permettent de réaliser. Ce quelque chose , je viens en Loge chercher ce que la vie profane ne peut me donner : l'intégration de l'Être et la participation au tout de l'universel.
A travers les systèmes politiques, les doctrines et les religions, les sociétés nous offrent des clivages et des visions opposées de la vie. Division entre gauche et droite, entre catholiques et protestants, entre musulmans, chrétiens et juifs, entre religieux et athées, entre religieux et laïcs, etc. Autant de divisions constitutives de l'identité des groupes sociaux, mais insatisfaisantes pour celui qui cherche autre chose, insuffisantes pour l'homme ou la femme de bonne volonté qui cherche à transcender les divisions pour aller vers l'Union.
Si les divisions sont socialement nécessaires à la vie profane, nous savons qu'elles sont insatisfaisantes si l'on raisonne au niveau des individus dans une perspective universelle et transcendantale.
La franc-maçonnerie nous offre la possibilité d'expérimenter d'autres modes du vivre ensemble, d'autres manières de concevoir les relations sociales; d'autres conceptions de l'homme qui placent au centre les qualités intrinsèques de chacun. A notre manière, nous expérimentons en Loge (probablement le seul lieu actuellement possible) un mode d'organisation égalitaire. Chacun de nous, indépendamment de ses capacités, de son statut ou de ses richesses éventuelles, est l'égal de l'autre du point de vue des droits et des devoirs et du point de vue du travail maçonnique. Aucun n'est destiné à faire une chose ou une autre; aucun n’est destiné à commander ou à obéir. Nous sommes tous appelés à tour de rôle à assumer des responsabilités, à diriger mais aussi à obéir.
C'est cette possibilité que la Franc-maçonnerie nous donne de vivre et d'expérimenter une mode de relations
horizontales, qui est à la base de notre adhésion et la raison pour laquelle nous avons frappé à la porte du temple. C'est parce que nous étions insatisfait de ce que la vie profane nous offre,
que nous sommes venus chercher ce qu'aucune organisation profane ne peut offrir:
la possibilité de travailler sur soi au moyen d'outils symboliques pour s'améliorer et œuvrer par la même à l'amélioration du temple universel de l'humanité.
j'ai dit .°.