Le temps des « complots » et de l'assassinat de FF\africains : Côte d'Ivoire, Guinée, Mali
- C'est en Côte d'Ivoire cependant que, pour la première fois, des
FF \ africains vont avoir à pâtir des attaques du
gouvernement. Déjà inquiétés en septembre 1959
(le « complot du chat noir » où le F \ Mockey, accusé d’avoir tenté d’assassiner le Président
Houphouet Boigny** avec des fétiches maléfiques, est exilé), les FF\ sont directement impliqués en
1963.
Le 23 août 1963, Houphouet Boigny porte plainte devant la Nation et dénonce l'existence d'un « complot », porté à la connaisance de la justice ivoitirienne par le commissaire du gouvernement Philippe Yacé** .
Le 2 septembre les ministres, convoqués pour un Conseil, sont arrêtés. Parmi eux, les FF\ Kacou Aoulou (Vénérable de la loge "Fraternité Africaine" et officier d'Honneur du GODF pour la Côte d'Ivoire), Banny Jean, Mockey jean Baptiste**, Thiam Amadou, époux de la nièce du Président ; suivront de très nombreuses autres arrestations dont celle de Djessou Lougbo, président de la Commission des Affaires Institutionnelles. Tous sont humiliés, battus, torturés, dans les geôles de Dimboko et les prisons des camps d'Assabou et de la plantation de Yamoussoukro. Ils sont contraints d'affirmer que le complot est réel. Le tout suivi de la «.révélation.» d'un second complot avec, cette fois, explicitement la complicité de la Franc-Maçonnerie ivoirienne qui vient de s'installer, de résidents Français, dont des Francs-Maçons, qui vont être expulsés.
Le 7 avril 1964, dans un des cachots du camp Assabou, le F\ Boka, président démissionnaire de la Cour Suprême, est retrouvé mort par ses geôliers ; la version officielle sera celle d'un suicide, mais l'archevêque Bernard Yago refuse publiquement cette version gouvernementale.
Les 5-12 août 1964, Houphouet organise une sorte de tribunal populaire à Yamoussoukro pour obtenir des aveux en présence de Yaméogo** Président de la Haute Volta (Burkina Faso). Le 27 décembre, les accusés passent devant la Cour de Sûreté de l'Etat à huis clos ; le verdict : Thiam acquitté, Djessou Lougbo absous, Mockey J. Baptiste et Kacou Aoulou condamnés à mort. Tous seront libérés entre 1965 et 1967.
Parmi toutes les hypothèses avancées, pour expliquer cette action de Houphouët-Boigny, deux sont privilégiées, dans la logique du parti unique au pouvoir. La première est qu'il se méfiait d'une association pouvant dans son esprit « travailler en secret » avec des contacts, non contrôlables, dans le pays et à l'étranger. La seconde est qu'il cherchait à éliminer de la scène politique les dirigeants de l'aile gauche du Parti Démocratique de la Côte-d'Ivoire soupçonnés de sympathies communistes. Quelque soit la raison, la Franc-Maçonnerie est interdite.
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- C'est au Mali, ensuite, que des FF\ vont avoir à souffrir de leur engagement dans la vie politique de leur jeune Etat présidé par Modibo Keita.
Le F\ Fily Dabo Sissoko**, initié en France, nation à propos de laquelle il écrit : « On commence à comprendre que le mal dont souffre mon pays n'est pas imputable à la France mais à quelques Français ». Représentatif de la réussite de la culture française en Afrique, il n'en est pas moins l'auteur apprécié d'un recueil « Sagesse Noire » dans la préface duquel il exprime son attachement à la culture Malinké. En effet, pour lui, c'est en sauvant leurs traditions culturelles de l'oubli que les Africains pourront effectuer la prise de conscience de leur identité culturelle contre le principe de l'assimilation.
Fondateur du Parti Progressiste Soudanais, il est arrêté, pour « complot », en 1962 sur ordre de Mobido Keita. Sa mort en détention est annoncée deux ans plus tard en même temps que celle du F\ Hammadoun Dicko, initié, lui, par la loge locale du GODF avant sa fermeture, et lui aussi responsable de ce même parti d'opposition, le PPS, lequel parti porte ombrage au Président du Soudan.
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- C'est en Guinée, enfin, que la liste des FF\ victimes de leur engagement dans la cité augmente, au prétexte de
fallacieux «.complots »
En 1969, Sékou Touré fait arrêter pour complot de nombreux officiers ; du côté des civils, il implique le secrétaire d'Etat aux Travaux publics et un riche commerçant, au demeurant jusque-là son grand ami. Il en profite pour régler définitivement le sort d'hommes qui lui portent ombrage.
Parmi les premières victimes de cette soif de revanche ou de vengeance se trouvera le F\ Barry Diawadou**, qui n'avait jamais pu trouver grâce aux yeux du chef de l'Etat guinéen en dépit de son ralliement spectaculaire au PDG - Parti Démocratique Guinéen
- du chef de l'Etat. Il sera mis à mort, comme toutes les personnalités civiles et militaires impliquées dans le soi-disant complot. Ceux qui ne sont pas exécutés seront condamnés à mourir
d'inanition dans les cellules du camp Boiro, qui commence alors à mériter son futur nom de camp de la mort.
Source : F.°.M.°.A.°.