Dimanche 27 septembre 2009
-
I – Franc-Maçonnerie coloniale avant
1960 :
-
I-a Son implantation.
-
1-a-1
avant la III° République.
-
-
Les rapports de la FM française avec l’Afrique datent du XVIII° siècle. C’est en effet le 9 mai 1781 que la première loge de la Grande Loge de France
s’installe à St Louis du Sénégal, sous le nom de « St Jacques des vrais amis rassemblés » devenue aussitôt « St
Jacques des trois vertus ». Le contexte va se prêter à la réussite de cette implantation : les Anglais ont été repoussés de l’embouchure du fleuve Sénégal, le commerce de la gomme
prend progressivement le pas sur la traite des esclaves.
-
-
Mais qu’en est-il de cette loge, de son Vénérable Jean Jacques Chorier et des membres qui la composent ? Cette loge (1781 – 1787), dont le VM était marchand
tapissier à Paris, s’adresse surtout à des expatriés puisés dans la petite garnison et dans l’amorce d’administration de la ville naissante, mais aussi dans le monde du commerce lié à la
compagnie du Sénégal.
-
-
Le prototype de la présence maçonnique en Afrique est sous nos yeux dès le départ : fonctionnaires, militaires, commerçants, aucun Africain. Il restera
schéma directeur pour de longues années ; en fait jusqu’en 1960. Longue période où il faut parler de Franc Maçonnerie en Afrique et non de Franc Maçonnerie
africaine.
-
-
Ce premier essai sera suivi d’une nouvelle tentative en 1823, sous l’égide du GODF cette fois, avec l’allumage des feux de « La Parfaite Union » sur laquelle vient se soucher dès 1824 le premier Chapitre en Afrique. Les caractéristiques relevées précédemment se confirment : le
gouverneur du Sénégal, le baron Roger, des officiers, un négociant… Avec un élément supplémentaire du système : la délégation de cet orient auprès de Paris est donnée à un F.
définitivement rentré en métropole. Les loges coloniales, compte tenu des distances auront la plupart du temps recours à cette délégation.
-
-
S’il est utile de positionner ainsi la loge sur le plan sociologique et organisationnel il n’est pas moins intéressant de se pencher sur les idées propagées par
ces FF\, dont la figure de prou se trouve être le gouverneur. Protégé de l’influente Mère Supérieure de la Congrégation des Sœurs de St Joseph
installée à St Louis, le baron Roger s’attache à développer son projet qui, à l’inverse de ce qui se fait sur place, favorise l’agriculture comme facteur de développement en mettant le commerce
comme auxiliaire. Pour la main d’œuvre, il met en place « l’engagement à temps » qui est en harmonie avec ses idées anti abolitionnistes. C’est également sous son impulsion que
commence à être formés les premiers éléments d’une élite africaine moderne et catholique, dans trois écoles religieuses gérées par les bonnes sœurs de St Joseph.
-
Par patrick montaigut
-
Publié dans : PHILOSOPHIE FRANC-MACONNE
-
0
-
Recommander