Le premier officier de Marine à devenir Grand Maître d’Angleterre fut William,
5ème Lord Byron, qui passa de nombreuses années à l’étranger pendant lesquelles la Grande Loge connut une période d’inactivité, ne se réunissant qu’occasionnellement. Il fut Grand
Maître de 1747 à 1751. Sa carrière maritime fut brève. Promu au grade de lieutenant en 1738, il quitta le service quand il hérité du titre. Il devint Maître des chasses royales de 1763 à 1765. Le
poète Lord Byron n’est pas de sa descendance mais de celle de son frère.
Le fondateur et Premier gouverneur de la Nouvelle Écosse fut Edward Cornwallis qui y parvint le 21 juin 1749. Dès qu’il le put, il installa une loge avec la dispense du Major E.J. Philips, Passé
Grand Maître de la loge Annapolis Royal, représentant Henry Price de Boston, Grand Maître pour l’Amérique du Nord. C’est aujourd’hui la plus ancienne loge du Canada qui porta maintenant
le titre de St. Andrews n° 1 à Halifax, avec une dispense reçue en juillet 1749. Lors de la première Tenue, le capitaine Lord Colville et un certain nombre d’officiers de Marine furent
initiés.
Lord Alexander Colville devint vice-amiral et commandait la station Nord Américaine lors de la prise de Québec en 1757. Il fut le premier à découvrir et à utiliser les talents d’explorateur d’un
jeune Maître du nom de James Cook[9]
. C’est sur les recommandations de Colville que Cook devint un navigateur et un explorateur réputé. Cook n’oublia jamais la dette qu’il avait envers Colville
et veilla à ce que le cap et le canal Colville soient baptisés du nom de son bienfaiteur.
Colville devint Vénérable de la 2ème loge de Boston en 1750 et représenta sa loge à toutes les Tenues provinciales jusqu’à ce qu’il soit nommé Grand Maître adjoint pour l’Amérique du
Nord en 1752. Il disparut en 1770 à l’âge de 60 ans.
Le premier Secrétaire de la Loge des Anciens de 1751 était un marin, John Morgan. La deuxième année d’existence de cette loge, il repartit naviguer et fut remplacé par le plus éminent personnage
de la franc-maçonnerie du 18ème siècle, Lawrence Dermott.
Les Américains disent que John Fitch (1743-1798) fut l’inventeur du navire à vapeur, du fait qu’il avait été le premier à envisager la vapeur comme moyen de propulsion dès 1785. Le 4 janvier de
cette année, il fut initié par la Bristol Lodge n° 25 de Bristol en Pennsylvanie. Il pensait au début appliquer sa découverte aux transports terrestres mais, au lieu de cela, opta pour
les moteurs marins. Il construisit une maquette avec un moteur à vapeur en 1785, en cherchant sans succès une aide gouvernementale. Il créa sa propre société et le 22 août 1787, réalisa les
essais en mer d’un navire qu’il avait construit sur la rivière Delaware à Philadelphie. Il construisit deux autres navires et en avril 1790 il lança un service de passagers entre Philadelphie et
Burlington à la vitesse de 8 nœuds. L’année suivante lui valut un brevet pour son invention et deux ans plus tard il se rendit en France pour y construire un navire à vapeur. Trouvant le pays en
pleine révolution, il repartit pour les Etats-Unis, laissant ses plans et ses spécifications chez le consul américain. Plus tard on prétendit que ces plans avaient été prêtés à Robert Fulton qui
se trouvait à Paris en 1793. Fulton retourna en Amérique en construisit le Clermont. En 1817 une enquête fut diligentée à New York qui conclut que les navires construits par Fulton et
Livingstone étaient en fait des applications de l’invention brevetée par Fitch en 1791. A son retour en Amérique, ce dernier étant sans ressources ni illusions. Il construisit un autre navire à
vapeur et une nouvelle maquette. A une date imprécise entre le 25 janvier et le 18 juillet 1798, Fitch mit fin à ses jours dans une taverne de Bardstown dans le Kentucky. En sa qualité de
franc-maçon, il fit de nombreuses allusions à sa vie maçonnique dans ses journaux que l’on a conservés. En 1927 le Congrès éleva un monument à sa mémoire sur la place publique de Bardstown
pendant qu’à East Windsor dans le Connecticut, la ville où il était né, on apposa une plaque de bronze. Fitch lui-même écrivit avec amertume mais peut-être avec une grande justesse…
J’espère qu’un homme plus puissant que moi réussira là où j’ai raté.
Un associé de Fulton et de Livingstone dans la construction du Clermont en 1812 fut un Prussien, Benjamin H. Latrobe (1764-1820). Il travaillait comme ingénieur sur le canal Appomattox
et conçut les canaux sur les rivières Chesapeake et Delaware. En 1789 et 1790 il était Deuxième Surveillant de la loge Antiquity n° 2. En 1796 il émigra aux Etats-Unis et s’affilia à la
Jerusalem Lodge n°54 de Richmond en Virginie.
Le capitaine Moses Rogers (1780-1822) était franc-maçon. Né à New London, il navigua sur des voiliers. Il s’associa à Robert Fulton dans ses projets de navigation à vapeur et supervisa la
construction de la coque du Savannah de 350 tonneaux, équipé d’un moteur de 90 chevaux. Après un voyage d’essais et la visite du président Madison, le Savannah appareilla pour Liverpool
le 22 mai 1818 où il parvint 22 jours plus tard dont 8 à la voile. Il fut le premier navire à vapeur à traverser l’Atlantique. A son retour de Norvège, il mit 25 jours pour revenir aux
Etats-Unis. Rogers n’avait pas pris conscience de l’importance de son voyage. Il quitta le Savannah et travailla dans les services côtiers américains avant de mourir de la fièvre jaune à
Georgetown en Caroline du Sud, en 1822.
L’un de ses cousins éloignés, le capitaine Stevens Rogers (1789-1868) l’avait accompagné au cours du voyage transatlantique, comme commandant et navigateur. Le livre de bord de Stevens est au
Musée national de Washington.
Stevens et Moses Rogers participèrent à la guerre de 1812[10]
; tous deux assistèrent au lancement et à l’armement du premier navire de guerre à vapeur. En 1850 Stevens cessa de naviguer pour devenir inspecteur des
Douanes et plus tard percepteur de New London. Quand il décéda en 1868, il fut inhumé avec les honneurs maçonniques. Plus de deux cents Frères des loges Union et Brainard y
assistèrent. Sur la pierre tombale on grava le Savannah en bas-relief.
John Kendrick était membre de la St. Andrews Lodge de Boston. Il fut l’un des prelmiers Américains à entreprendre un voyage d’exploration. En 1787 il suivit la côte nord-ouest des
Etats-Unis et découvrit la rivière Columbia[11]
. A partir de 1791 il navigua dans les îles des mers du sud, et créa avec succès un commerce de bois de santal de Chine vers l’Amérique. Il mourut à Hawai en
1800 par accident, alors qu’il rendait au canon le salut d’un navire anglais.
Le capitaine John Meek était un baleinier américain qui naviguait sur l’Amethist. Né en 1792, il fut le premier Américain à s’installer définitivement à Hawaii en 1809. Il chassait la
baleine sur un navire construit exprès pour lui par John Jacob Astor, Grand Trésorier de la Grande Loge de New York. Meek faisait partie de la loge Le Progrès de l’Océanie
[12] à Hawaii dont il resta membre jusqu’à sa mort en 1866. Les
Tenues du Progrès de l’Océanie se faisaient souvent à son domicile. Il créa la Hawaiin Lodge n° 21 sous Constitution californienne, qui travaillait à Hawaï. Le premier Hawaïen à
devenir franc-maçon, le prince Lot, futur Kamehameha V, fur initié dans cette loge. Plus tard la Grande Loge de Californie le déclara coupable de délits inacceptables qui l’amenèrent à
démissionner de l’Hawaiian Lodge et de la franc-maçonnerie.
Le premier sous-marin qui navigua avec succès en pleine mer fut l’Argonaute , construit en 1897 par Simon Lake, membre de la Monmouth Lodge n° 172 d’Atlantic Highlands dans le
New Jersey. Il construisit par la suite des sous-marins pour la Russie, l’Allemagne et l’Angleterre et conçut un système pour localiser et relever les submersibles coulés. Il disparut en 1945 à
l’âge de 79 ans.
Un des premiers navires océanographiques de haute mer fut l’Albatros ; placé sous le commandement du contre-amiral George Baird (1843-1930), qui avait été initié dans une loge française
de Lisbonne du nom de Tolerancia. Il s’affilia plus tard à la Hope Lodge n° 20 de Washington et devint en 1896 Grand Maître du District de Colombia.
Le premier aumônier engagé dans l’US Navy fut John Ireland, le 16 août 1816. Il appartenait à la Fortitude Lodge n° 19 de Brooklyn à New York, dont la loge n° 64 de Bluff en Nouvelle
Zélande a pris le nom.
La première Tenue funèbre maçonnique eut lieu à San Francisco en 1849. Sur le cadavre d’un marin retrouvé dans les eaux du port, on observa des symboles maçonniques. Sur le bras gauche étaient
tatoués les outils de l’Apprenti et sur le bras droit ceux du Compagnon. Sur le cœur, un pot d’encens. Sur d’autres parties du corps une épée de Tuileur, une ancre et un arc, l’œil dans un
triangle, une faux, le soleil, la lune et les étoiles et la 47ème proposition d’Euclide[13], les outils du Maître maçon et les cinq ordres d’architecture. Le côté tragique de cet événement est que le
nom du marin, qui n’a jamais été identifié, reste inconnu.
Le premier Grand Maître de Nouvelle Zélande fut Henry Thomson qui arriva dans ce pays en 1857 au commandement du Mary Thomson. Alors qu’il était à son bord à Wellington, il fut contacté
par des francs-maçons qui l’invitèrent à adhérer à la New Zealand Pacific Lodge n° 758. Thomson marqua quelque hésitation mais finit par accepter, si bien que le 22 octobre 1857 il fut
initié dans les locaux de l’hôtel Bannisters Crown and Anchor, quai Lambdon, où existait encore, il y a quelques années le New Commercial Hotel. Thomson, qui était capitaine au
long cours, ne résida jamais à Wellington et ne fut jamais très actif dans sa loge. Il cessa de naviguer en 1862 et devint Premier Secrétaire de la Port Chalmers Marine Lodge n° 942 de
Port Chalmers. En 1865 il s’installa à Christchurch où il occupa les fonctions de responsable des transports des Canterbury Provincial Railroads, le premier chemin de fer néo-zélandais.
A Christchurch il s’affilia à la St. Augustine Lodge n° 609 dont il devint Vénérable en 1867. Son échec professionnel aux chemins de fer l’amena à travailler avec son beau-père,
propriétaire de la fabrique de bijoux Coates and Coy. En 1874 Thomson devint Grand Maître du district de Canterbury. Quand la Grande Loge de Nouvelle Zélande fut constituée, les
sentiments furent partagés quant à l’opportunité de la loge St. Augustine. Thomson se trouvait pris entre deux feux ; sans rancœur ni amertume il appuya la création de la Grande Loge.
Quand le gouverneur, le comte de Onslow, refusa la charge de premier Grand Maître de Nouvelle Zélande, il était logique que cette charge revînt à Thomson, bien qu’il n’y ait jamais prétendu. Il
fut installé en 1890 et décéda le 13 septembre 1903. Il fut inhumé au cimetière de Linwood sous une grande pierre de granit portant un globe et des symboles maçonniques, financée par souscription
par les maçons néo zélandais.
Il est intéressant de noter qu’un autre marin fut initié avec Henry Thomson, son partenaire dans la croisière du Mary Thomson, le Frère B.J. Bowton qui poursuivit une carrière maritime
jusqu’à ce qu’il se retire comme capitaine de port de Townsville, dans le Queensland. Il fut ensuite muté au service des Phares et Balises, vraisemblablement comme gardien de phare. Il resta
membre de la New Zealand Pacific Lodge jusqu’à sa mort le 16 octobre 1905.
Le premier Trésorier de la loge Waterloo n° 463 en 1866 fut le Frère Archibald Kennedy, directeur de la Panama Steam Ship Coy, dont les bureaux se trouvaient dans une rue de
Wellington qui a pris maintenant le nom de Panama. Cette compagnie de navigation a grandement amélioré les communications au départ et à destination de la Nouvelle Zélande grâce à un
service régulier sur Panama conjoint à un service de transports terrestres à travers l’isthme, avec retour par l’Atlantique jusqu’en Angleterre. La Panama Coy n’eut qu’une brève
existence et Kennedy rejoignit la compagnie Union Coy of New Zealand Ltd en qualité de capitaine assermenté.
La premier Vénérable fondateur de la Research Lodge Taranaki Province n°323 fut Alexander Moncur Niblock, né à Birkenhead dans le Cheshire en 1876. Il s’embarqua à l’âge de 13 ans comme mousse
sur un voilier et navigua jusqu’à obtenir son brevet de capitaine, sur les lignes de Chine et des Indes. Il décida alors d’entrer dans les ordres et servit comme missionnaire médical en Inde. Il
fut plus tard ordonné dans l’Eflise anglicane, s’installa en Nouvelle Zélande en 1917 et, alors qu’il était responsable de la paroisse de Te Awamutu, fut initié par la loge Waipa n°119
en novembre 1920. En 1928 il devint Vénérable de la loge Albion n° 45 de Devonport. En cours de mandat, il fut ému Grand Orateur. Il s’installa à New Plymouth et en 1948 devint Grand
Maître Provincial de Taranaki, fonction qu’il occupa jusqu’à sa mort le 3 mars 1951. Il donna à la loge Serenity n° 347 le prénom de son épouse. Sa mémoire est honorée par la loge de
recherche Taranaki qui a créé le Cercle Alexander Niblock, événement annuel du calendrier de la loge au cours duquel un franc-maçon réputé vient faire une conférence.
Le premier navire à arborer un pavillon maçonnique à Puget Sound fut le Edison Light, en 1915. Il était envoyé à la misaine du navire, propriété de son capitaine, le Frère E.M. Torrey, membre de
l’Aurora Lodge n° 50 de Rockland dans le Maine. Le pavillon avait un fond bleu, les lettres et les chiffres étant blancs, et portait les initiales et le numéro de la loge du capitaine,
entremêlés de l’équerre et du compas.
Le jour de la Saint George, le 23 avril 1918, un certain capitaine de frégate Adams se trouvait sur un quai à Zeebruges. Sur le navire accosté en face de lui, deux hommes furent tués……. Le Frère
Adams avait été initié par la Jubilee Masters Lodge de Londres en juillet 1919.
Source : Loge Laperouse